PLAN DE DÉVELOPPEMENT DE LA RÉGION DU GRAND CASABLANCA (2015-2020)

Le plan de développement de la région du Grand Casablanca (2015-2020) tend à consolider le positionnement économique de la région pour en faire un véritable hub financier international, à améliorer le cadre de vie de ses habitants, et à préserver son environnement et son identité.

Elaboré selon une démarche participative impliquant différents acteurs de la région, le plan en question est basé sur une approche novatrice en termes de transversalité, d'intégration et de cohérence des interventions publiques. Il s’inspire des expériences pilotes de certaines villes mondiales qui ont fait leur preuve en matière de gestion et de planification.

Ce plan s’articule autour de quatre axes stratégiques :
- Amélioration des conditions de vie des habitants en accordant un intérêt particulier aux catégories sociales en situation de précarité et aux personnes à besoins spécifiques, en complémentarité avec les programmes de l’INDH. Ce premier axe porte notamment sur le renforcement des centres et structures de proximité, l’accompagnement du secteur non-formel, la généralisation de l’enseignement primaire, la réhabilitation des établissements de santé, la création d’un centre de gestion des interventions d’urgence et des opérations de secours, la protection de l’environnement, l’amélioration des conditions d’habitat et la généralisation de la couverture des réseaux d’eau potable, d’électricité et d’assainissement ;

- Renforcement de la mobilité au niveau de la région (27 milliards DH) à travers l’extension de la ligne du Tramway, le développement du parc d’autobus, l’aménagement des routes urbaines, provinciales et des autoroutes, et la réalisation d’ouvrages d’art et de tunnels ;

- Promotion de l’attractivité économique de la région à travers la restructuration des zones industrielles actuelles, l’aménagement de nouvelles zones industrielles, de services et de logistique, et l’amélioration du climat d’affaire. Il sera financé dans le cadre d’un partenariat entre le secteur privé et public ;

- Consécration de la place de la région en tant que destination nationale et internationale de commerce et de loisirs, et de zone d’accueil des grandes manifestations (construction d’un grand théâtre, d’un village de sport, mise à niveau du Complexe Mohammed V et de l’espace "La Casablancaise", la réhabilitation du littoral, de la forêt Merchich et du Zoo d’Ain Sebaâ.

Par ailleurs, un plan d’action prioritaire est mis en œuvre au cours de l'année 2014 pour une enveloppe globale de 2,8 milliards DH.

Pour la réussite et l’accompagnement de ce chantier d’envergure, une série de mesures est prévue, notamment l’amélioration de la gouvernance et du cadre juridique, la recherche de nouveaux modes de financement et de partenariat, la gestion moderne des services publics et l’adoption d’un plan de communication à même de promouvoir l’identité de la région.

pour la mise en œuvre de ce plan, SA MAJESTÉ LE ROI MOHAMMED VI, que Dieu L’Assiste, a présidé, le 26 septembre 2014, la cérémonie de signature de dix conventions impliquant l’ensemble des intervenants, pour une enveloppe budgétaire de 33,6 milliards de dirhams.

DIAGNOSTIC & ENJEUX DU DÉVELOPPEMENT

A- Etat des lieux


1- Développement humain

Le Grand Casablanca compte 3,6 millions d’habitants au recensement de 2004. La population s’accroît de 50 000 habitants par an. Le poids de la région reste stable dans le Maroc, à 12%. La population est en décroissance dans le centre de Casablanca, en croissance dans les arrondissements péri-centraux, et en forte croissance dans les communes de la périphérie.

Entre 1994 et 2004, la taille moyenne des ménages s’est réduite. Si bien que le nombre de ménages s’est accru de 2,9% par an, alors que le nombre d’habitants s’accroissait de 1,5% par an seulement. La croissance du nombre des ménages alimente une demande toujours aussi soutenue de logements.

La croissance démographique de la périphérie ne s’est pas accompagnée d’un effort d’équipement à la hauteur du défi. Ainsi, le nombre d’élèves par classe dans l’enseignement primaire public varie de 25 dans les arrondissements centraux de Casablanca à 75 dans des communes périphériques en forte croissance comme Bouskoura, Lahraouiyine ou Dar Bouazza.

L’analphabétisme demeure très répandu, et ce dans tous les arrondissements et toutes les communes de la région. C’est l’un des signes les plus caractéristiques du mauvais classement du Maroc à l’indicateur de développement humain de l’ONU (Maroc 154° rang mondial), largement en dessous du rang économique du Royaume.

Signe de la situation critique du logement dans la région, la prolifération des bidonvilles et les difficultés à les résorber compte tenu de l’écart entre les revenus des ménages et les prix immobiliers.

Au cours des dernières années, cependant, un effort considérable a été entrepris en faveur du logement, qui s’est traduit par des chiffres record de construction de logements, avec une moyenne de 24 000 logements autorisés chaque année entre 2001 et 2004, contre moins de 16000 par an durant les années 1980 et 1990. Cette relance est la conséquence directe du programme « 200 000 logements », et de la libération d’une offre foncière conséquente par dérogation.

2 – Economie et Emplois

Au niveau macro-économique, le Maroc continue depuis quelques années à afficher des taux de croissance économique faibles (moins de 1,8% en 2005), insuffisants pour faire face aux besoins sociaux. Cette situation est préoccupante dans la mesure où de grands défis économiques attendent le pays durant l’actuelle décennie, liés à l’intégration progressive de l’économie marocaine dans le processus de la mondialisation.

Durant les 10 à 15 années qui viennent, les opportunités sont ouvertes pour accueillir dans les pays à faible coût de production un vaste mouvement de délocalisation d’activités de toutes natures (industrielles notamment, mais aussi de services) depuis les pays industrialisés. Dans le même temps, d’importants changements devront intervenir au niveau de la liberté de circulation des marchandises et des capitaux, comme au niveau des normes et des règlements.

Le Grand Casablanca, capitale économique du royaume, aura à jouer à plein régime son rôle de locomotive de toute l’économie marocaine. D’ores et déjà, il est confronté en direct aux effets de la mondialisation, avec des effets positifs comme l’implantation d’activités dans l’aéronautique, l’automobile ou les services aux entreprises, et des effets négatifs comme avec la crise du textile.

La situation de l’emploi demeure problématique dans la mesure où le nombre d’emplois est stagnant depuis plus de 5 ans, et que le chômage demeure élevé (plus de 21%).

Le potentiel humain est largement sous-mobilisé : 25% des actifs produisent, dans le secteur informel, moins de 1% du PIB régional ; le taux d’activité féminin reste très bas, de l’ordre de 30% des femmes en âge d’activité ; le secteur privé compte 30% d’actifs travaillant à leur propre compte ce qui est un signe de faible concentration du capital.

Pour ce qui est de la géographie des activités, on observe une dissémination des locaux d’entreprises en périphérie. En 2004, plus de la moitié des surfaces aménagées pour des industries et des commerces se situe désormais hors de la ville de Casablanca.

Parallèlement, la distribution connaît une évolution qualitative marquante, avec l’essor des grandes surfaces qui vont bouleverser la géographie commerciale de Casablanca.

Les activités de bureau continuent de s’implanter dans l’hypercentre (essentiellement à l’intérieur de la rocade Zerktouni) mais le commerce se développe vers le Sud-Ouest en direction de Bouskoura en passant par Maarif et Sidi Maarouf. L’industrie continue de se développer – par mutation des anciennes installations – dans ses sites traditionnels à l’Est de Casablanca et à Mohammedia, mais de nouveaux développements marquants prennent place à Sidi Maarouf, Dar Bouazza, Bouskoura et Nouaceur.

Les secteurs du tourisme, et encore davantage de l’artisanat, sont en stagnation et demeurent peu développés. Le potentiel d’activités de loisirs, de tourisme culturel et de tourisme vert est nettement sous-exploité.

3 – Transports et déplacements


Le port de Casablanca est, de loin, le premier port commercial du Maroc, avec son trafic de plus de 22 millions de tonnes en 2004, dont 41% formés par les phosphates. Le port de Mohammedia est affecté principalement (à plus des deux tiers) à l’importation de pétrole et a enregistré un trafic de près de 10 millions de tonnes en 2004.

Les fonctions portuaires connaîtront des changements importants dans les années à venir avec divers projets en perspective, dont notamment le grand projet de port Tanger Méditerranée destiné au trafic de conteneurs. A plus long terme, il faut également prendre en compte les orientations promues par le Ministère de l’Aménagement du territoire pour une délocalisation des activités pétrolières de Mohammedia vers Jorf Lasfar et du trafic de phosphates de Casablanca à Jorf également.

S’agissant des transports terrestres, le Grand Casablanca bénéficie d’une situation privilégiée avec un réseau routier relativement dense (sauf en périphérie), une autoroute Est-Ouest récemment dédoublée par une rocade de contournement, et une autoroute Nord-Sud vers Marrakech. Le réseau ferré est également un atout. Il est dédié principalement au transport de phosphates et de marchandises diverses, mais assure aussi un service limité de voyageurs.

La croissance du trafic automobile, alors que les transports collectifs sont peu développés (30% des déplacements motorisés), fait que Casablanca connaît une situation de congestion marquée, aussi bien dans ses quartiers centraux que sur l’autoroute urbaine. Plusieurs carrefours sont saturés et le stationnement est très problématique.

A ces difficultés s’ajoute le trafic de poids lourd généré par le port, les activités industrielles, et les activités commerciales, pour le transport de marchandises. Un transport assuré à 75% par des camions (25% par le fer), avec des points critiques de trafic notamment sur l’autoroute urbaine et sur les franchissements de la voie ferrée entre le port et l’autoroute. L’activité des transporteurs n’est pas correctement organisée, et l’entreposage des marchandises ne se fait pas dans le cadre d’une organisation cohérente de la logistique.

4 – Environnement

Le Grand Casablanca se caractérise par un environnement dégradé et d’importantes nuisances.

Les milieux naturels sont en régression. Forêts en dépérissement, surpâturage, surexploitation des ressources d’eau souterraines (la nappe de Berrechid est exploitée au triple de sa recharge annuelle moyenne), forte pollution de ces mêmes nappes, mitage des terres agricoles et des espaces côtiers par des construction, disparition du sable des côtes (utilisé jusqu’à un passé récent pour le BTP)…

La desserte des quartiers d’habitat par des espaces verts urbains est nettement en dessous des normes requises, avec moins d’1 m² par habitant au lieu de 10 m² (norme OMS).

Le réseau d’assainissement est en situation délicate, les investissements nouveaux accusant toujours un temps de retard par rapport aux besoins. Le déversement des rejets industriels sans traitement préalable dans le réseau, ou directement dans la nature ou en mer (notamment sur l’axe Casablanca – Mohammedia), est également des plus problématiques.

La situation n’est guère plus brillante pour les déchets où, malgré les progrès accomplis en matière de collecte, on continue de compter de nombreuses décharges spontanées, et où la décharge unique de Mediouna est saturée.

Enfin, les risques naturels (notamment inondations) et les risques technologiques (industries dangereuses) demeurent insuffisamment pris en compte : des développements urbains se poursuivent le long de l’oued de Bouskoura et dans des sites en dépression, et l’habitat reste encore trop souvent proche d’industries dangereuses.

5 – Développement urbain

Le développement urbain du Grand Casablanca demeure, malgré les imperfections, assez bien maîtrisé en comparaison avec d’autres métropoles de même taille dans des pays au niveau de développement comparable. Cela se traduit par une relative compacité de l’urbanisation, une structure claire des réseaux de transport, des compositions urbaines de qualité, et une organisation fonctionnelle lisible. C’est là le résultat d’une tradition d’urbanisme bien ancrée, qui tente tant bien que mal de composer avec les moyens disponibles et les urgences à satisfaire.

L’organisation de la région urbaine se caractérise par une relative spécialisation des territoires infra-régionaux : habitat de standing et tertiaire supérieur à l’Ouest de Casablanca, habitat économique et industries à l’Est. Pôle aéroportuaire au Sud.

Bien qu’ayant été fortement contenu dans les villes centres (Casablanca concentre 81 % de la population régionale), le développement urbain s’est fortement disséminé vers la périphérie au cours des 20 dernières années. Désormais, 50% des surfaces urbanisées se situent en périphérie, hors de la ville centre.

Cette dissémination est en partie liée à une mise en œuvre incomplète du SDAU de 1985, qui avait préconisé l’ouverture du territoire de Aïn Harrouda à l’urbanisation, ce qui n’a pas été fait, entraînant le report de la demande sur d’autres territoires. D’autres volets de ce SDAU n’ont pas été pleinement réalisés, comme le réseau routier ou les transports collectifs.

Le corollaire de la non ouverture de Aïn Harrouda à l’urbanisation a été le report de la demande de foncier vers des zones non urbanisables au SDAU, dans le reste de la région. Pour répondre à cette demande, les pouvoirs publics ont eu un recours important aux dérogations. L’offre foncière de ces dernières années, contrairement à une idée reçue, a été plus abondante que jamais du fait de ce système de dérogations. La construction a battu des records dans les années 2000.

Mais cette manière de procéder entraîne des incohérences urbanistiques. Elle répond aux demandes mais en flux tendu. Des solutions plus durables devraient se mettre en place entre 2006 et 2007, d’une part avec la mise sur le marché d’une offre foncière immédiate abondante sur trois sites : Zenata, la Couronne intra-rocade, et le site d’Anfa et, d’autre part, avec la publication en 2007 du nouveau SDAU.

B – Territoires à enjeux


1- L’aire métropolitaine centrale

Le premier territoire porteur d’enjeux est celui, bien plus vaste que la Wilaya du Grand Casablanca, de « l’Aire Métropolitaine Centrale » (de Kenitra à El Jadida) définie dans le Schéma National d’Aménagement du Territoire comme devant être la locomotive économique et culturelle de tout le Maroc, et où il s’agit d’organiser les synergies et les complémentarités interrégionales. L’enjeu, de portée nationale, est de faire de cette aire une grande métropole, aux centres multiples, capable de rivaliser avec les grandes métropoles mondiales.

2 – Le littoral

A l’intérieur du territoire de la Wilaya, un premier territoire à enjeux majeurs est constitué par le littoral du Grand Casablanca. Territoire soumis à des pressions intenses, le littoral revêt une importance capitale pour l’attractivité de la métropole, pour son image internationale, pour le tourisme et pour l’environnement. L’utilisation de la bande côtière devra faite en fonction de la vocation de chaque séquence. Ouverture du port sur la ville, grand projets prestigieux à l’Ouest du port, installations balnéaires proches des quartiers habités, préservation des sites côtiers remarquables, réservation des portions les plus éloignées pour le futur en les maintenant à l’état naturel…

3 – Les villes centres

A Casablanca – ville – et à Mohammedia, les principaux enjeux portent sur la réussite des grands projets urbains (entre port et Al Hank, site d’Anfa, et d’autres projets à imaginer, notamment dans les quartiers Est de Casablanca), sur la réhabilitation et la mise en valeur du patrimoine, sur le traitement des tissus urbains dégradés, en friche ou menaçant de ruine, en plus des questions de transport collectif et de circulation.

4 – Les franges des agglomérations

Les villes de Casablanca et de Mohammedia ont tendance à se développer en tâche d’huile en direction du Sud : en direction de la rocade (et au delà) à Casablanca, et en direction de Beni Yekhlef à Mohammedia. De telles extensions doivent faire l’objet d’une grande attention car elles peuvent produire des tissus urbains de qualité médiocre, dont la continuité serait source de monotonie (nécessité de ménager des coupures vertes) et qui occuperaient des espaces qui n’ont pas vocation à être construits, tels des terrains inondables ou des terres agricoles et naturelles de grande valeur.

5 – La jonction Casablanca – Mohammedia

Le territoire de Aïn Harrouda, qui doit accueillir le projet de ville nouvelle de Zenata, concentre une multitude d’enjeux, compte tenu des contraintes qui le caractérisent. L’habitat qui doit s’y développer devra être séparé des industries à risques par des espaces tampons, coupures vertes ou zones logistiques. Les axes de transport qui servent au transit et au transport de marchandises devront être prémunies du trafic local. Le projet de station de prétraitement des eaux usées devra s’insérer correctement dans le projet de ville nouvelle. La façade maritime devra offrir des espaces de loisirs et de détente…

6 – Les pôles périphériques à l’étroit

Les villes de Mediouna et de Tit Mellil sont à l’étroit dans leurs limites administratives qui ne permettent plus d’accueillir leur développement. Il faut ici restructurer les espaces alentours pour permettre des extensions urbaines de qualité. Il faut surtout déterminer à ces pôles des vocations spécifiques au sein du cadre régional, qui leur permettent de développer une offre économique et urbaine originale, complémentaire de celle développée par les autres pôles urbains de la région.

7 – Les territoires sous pression

Des pressions urbaines fortes s’exercent le long d’un certain nombre d’axes routiers : à Dar Bouazza en direction de l’ouest, à Bouskoura en direction de Nouaceur et de Mediouna, à Mejjatiya en direction de Mediouna, à Lahraouiyine en direction de Tit Mellil, et à Mansouria comme espace naturel d’expansion de Mohammedia vers l’est. Ce type de développements urbains linéaires peut conduire, si on n’y prend garde, à produire des villes sans identité et sans qualité urbaine. Il convient pour ces territoires, tout en prenant en compte la pression qui s’y exerce, de ménager des coupures à l’urbanisation, de prévenir le risque d’inondation (très présent dans les plissures du terrain), et de préserver les axes de circulation des effets des trafics locaux.

8 – Les territoires à dominante rurale et naturelle

Les communes rurales du sud-est de la région sont moins affectées par la pression urbaine. Leurs territoires comprennent des sols agricoles de qualité, les oueds du Maleh et de Nfifikh avec leurs espaces boisés, des terres plus ou moins inondables (notamment entre les deux oueds, à l’aval). Au sud-ouest, la commune de Oulad Saleh commence à connaître un certain développement d’activités en lien avec les dynamiques de Bouskoura et de Nouaceur, mais cette commune comprend une des plus grandes entités agricoles de qualité de la région. Au centre du territoire régional, la forêt de Bouskoura est partagée entre les communes de Bouskoura et de Majjatiya. Il convient, pour toutes ces communes, de prendre en compte la dynamique urbaine qui y prend place, même lorsqu’elle est modeste, en proposant des noyaux urbains cohérents et des espaces d’activités qui puissent l’accueillir. Mais il convient, symétriquement, de tout faire pour préserver les espaces naturels et agricoles de qualité qui s’y trouvent, ces deux orientations étant parfaitement compatibles.

9 – Les ensembles d’espaces ouverts

Il conviendrait de prendre en compte, dans le futur SDAU, un ensemble d’espaces ouverts qui n’ont pas vocation à être urbanisés : les forêts, les oueds, les meilleures terres agricoles, les terres inondables. Ces différents espaces peuvent servir de support à une véritable « trame verte » régionale, apportant équilibre et cohérence au parti d’aménagement.


C – Les défis du futur


Le Grand Casablanca sera confronté, au cours des 25 à 30 prochaines années, à des défis majeurs auxquels le projet métropolitain, y compris le futur SDAU, devra apporter des réponses.

Ces défis concernent, d’une part, l’adéquation de l’offre métropolitaine à la croissance de la demande dans divers secteurs (population, emplois, transports, flux de marchandises, croissance urbaine) et, d’autre part, des transitions qualitatives à opérer, essentiellement sur les terrains de l’attractivité de la métropole par la qualité urbaine, et du modèle de développement économique durable à développer.

1 – Asseoir un modèle de développement économique durable

Durant les 10 à 15 années qui viennent, le Grand Casablanca pourra bénéficier de l’opportunité que représente le grand mouvement de délocalisation des activités depuis les pays développés vers les pays à faible coût de main d’œuvre. Il pourra également bénéficier de l’ouverture des marchés internationaux pour ses produits, qui pourront être concurrentiels compte tenu de leur moindre coût de production.

Mais au delà de cette période d’opportunité, le pari sur le faible coût comporte des risques : d’une part, les activités qui cherchent le plus faible coût sont volatiles, et peuvent du jour au lendemain quitter un territoire si elles trouvent moins cher ailleurs. D’autre part, le faible coût implique de faibles revenus, donc un marché intérieur peu développé. Enfin, le faible coût entraîne une dynamique de résignation notamment parmi les cadres les plus qualifiés.

L’option stratégique ne saurait donc être un pari unilatéral sur les faibles coûts de main d’œuvre, ni sur les faibles contraintes environnementales. Elle doit au contraire miser sur la mise en place progressive d’une dynamique de progrès, avec des activités nécessitant des qualifications de plus en plus élevées, et des normes de production respectant les standards internationaux y compris en termes d’environnement et d’éthique.

Une clé essentielle d’une telle transition réside dans la mobilisation du potentiel humain, ce qui passe par l’éducation, la formation, le travail des femmes, l’esprit d’entreprise. Ce sont les hommes qui font l’économie. Plus ils maîtriseront des savoirs-faires, des connaissances et des technicités, plus ils seront en mesure d’entreprendre, si l’environnement administratif, juridique et financier les y encourage.

2 – Améliorer radicalement l’attractivité urbaine du Grand Casablanca

Il s’agit d’un défi qualitatif majeur à la fois pour la qualité de vie et la santé de la population, que pour le positionnement international de la métropole. Un effort de grande importance sera nécessaire pour réduire les nuisances dans les transports, réduire la pollution industrielle, mieux gérer les déchets, améliorer la qualité de l’eau… Tout aussi important sera l’effort à consentir pour la qualité urbaine et le patrimoine : réussir les grands projets urbains d’Anfa, Zenata, et de la façade maritime de Casablanca ; engager un plan de restauration du patrimoine ; réviser les « modèles » des opérations d’habitat groupé pour une plus grande créativité architecturale ; renouer avec la grande tradition de composition urbaine, par de nouveaux projets audacieux.

3- Construire près de 25 000 logements par an

La population du Grand Casablanca est appelée à s’accroître, bien que plus modérément que par le passé. Un premier scénario médian a été établi, qui prévoit 4,5 millions d’habitants en 2025 au lieu de 3,6 millions aujourd’hui (soit + 24%). Mais le nombre de ménages s’accroîtrait bien plus fortement (+67%) sous le double effet de la croissance démographique et de la réduction de la taille moyenne des ménages : on estime ainsi que plus de 500 000 ménages supplémentaires feront leur apparition en 25 ans, obligeant à construire autant de logements neufs pour les accueillir. En ajoutant l’effort à faire pour résorber les déficits actuels et assurer le renouvellement du parc, ce sont près de 25 000 logements par an qu’il va falloir produire au cours du quart de siècle qui vient.

4 – Accroître de près de 50% le nombre d’emplois offerts

La croissance démographique qui s’annonce ne fera pas croître le nombre de jeunes, mais celui des personnes en âge d’activité et celui des personnes âgées. Le nombre d’actifs (aujourd’hui 1,3 millions dont 281000 chômeurs) devrait s’accroître d’au moins 350 000 personnes, bien plus si le taux d’activité féminin progresse. C’est dire l’ampleur du défi de l’emploi au cours des années qui viennent, surtout si l’on veut résorber le chômage actuel.

Les réponses se situent sur le terrain économique. A court et moyen termes, les réponses sont données par le « plan émergence » qui mise sur le développement d’un certain nombre de secteurs porteurs, dont l’offshoring, l’aéronautique et l’automobile, la distribution, le tourisme, la finance… A moyen et long termes, c’est un véritable « modèle économique durable » qu’il va falloir construire, fondé sur une mixité industrie-tertiaire, sur le développement aussi bien des exportations que du marché intérieur, sur la mobilisation des ressources humaines et sur l’encouragement de l’entreprenariat.

5 – Développer en urgence, et fortement, les transports collectifs

La congestion routière guette Casablanca. Le parc automobile pourrait doubler en moins de 15 ans ce qui entraînera inéluctablement l’asphyxie de la métropole. Il devient chaque jour plus urgent de développer l’offre de transports collectifs, qui assurent aujourd’hui 30% seulement des déplacements. A défaut, c’est non seulement la qualité de vie dans la métropole qui en pâtirait, mais aussi son attractivité pour les entreprises, et les budgets aussi bien des ménages que des entreprises seraient lourdement grevés par les dépenses en carburant et en temps.

6 – Organiser le transport des marchandises et la logistique

Le transport et l’entreposage des marchandises connaît déjà, à Casablanca, des dysfonctionnements majeurs. Mais le pire pourrait être encore à venir, compte tenu de la croissance des flux de marchandises : une croissance exponentielle du trafic conteneurs sur le port, et une croissance inéluctable des échanges internationaux et internes. Il conviendra d’organiser les opérations d’entreposage et de transbordement dans le cadre de plate formes logistiques de fret à réaliser dans le cadre d’un schéma régional cohérent. Il conviendra également de résoudre certains problèmes d’infrastructures pour la circulation des poids lourds entre le port et le réseau autoroutier. Sur la plan national, il faudra agir pour mieux organiser et moderniser le métier de transporteur.

7 – Ouvrir plusieurs milliers d’hectares à l’urbanisation

Le rythme de la croissance urbaine dans le Grand Casablanca est de l’ordre de 700 à 1000 hectares par an. Les actuels documents de planification (SDAU et plans d’aménagement) ont atteint leurs limites. Une nouvelle offre d’espaces urbanisables devra figurer au futur SDAU régional et dans le nouvelle génération des plans d’aménagement. Sur une durée de 25 ans, il faudra assurer la possibilité d’extensions urbaines de l’ordre de 20 000 à 25 000 hectares, selon les densités qui prendront place et qui restent à déterminer. Ces surfaces ne seront cependant pas toutes immédiatement constructibles, puisqu’il faudra en assurer préalablement la desserte par les réseaux principaux et l’équipement.

La perspective d’ouvrir autant de surfaces à l’urbanisation pose la question du foncier public, qui devra représenter une part conséquente de cette nouvelle offre. Il y a aujourd’hui urgence à étoffer le portefeuille foncier public afin de pouvoir répondre, demain, à la demande de logement des populations aux revenus les plus bas par une offre d’habitat don les prix soient à leur portée.


D – Cinq points clés pour réussir le projet métropolitain


Les défis du futur appellent des réponses. Ces réponses sont en grande partie tributaires de moyens, qui sont autant de points clés sur lesquels il faudra agir pour réussir :

1 - Les investissements

Le projet métropolitain sera porter par une vision ambitieuse, audacieuse, qui projettera l’image d’une grande métropole mondiale qui compte sur la scène internationale, qui force l’admiration du monde et dont les habitants pourront être fiers. Une telle vision n’est pas antinomique d’une analyse concrète des moyens mobilisables au service d’un tel projet, à l’avant desquels les investissements mobilisables, aussi bien par le secteurs public que par le secteur privé au cours des années qui viennent. Et, s’agissant des investissements publics, il faut espérer que les différentes instances sauront traduire les ambitions du projet en programmes pluri-annuels d’investissement et de se tenir durablement à leurs engagements.

2 – Le foncier

Un autre point clé réside dans l’action foncière. Il s’agit, tout d’abord, de procéder sans tarder à des achats massifs de terrains par le secteur public : c’est un enjeu de cohésion sociale dans la mesure où l’habitat des plus démunis ne peut supporter les prix du foncier tels qu’ils se pratiquent dans la région. Il s’agit aussi de la lutte contre la spéculation foncière, dont les effets négatifs sur l’économie comme sur le coût de la vie ne sont plus à démontrer : un véritable choix politique se pose en la matière, celui de la mise en place d’un arsenal juridique et fiscal approprié. Il s’agit enfin d’améliorer les procédures d’équipement des terrains, de manière à anticiper le développement urbain et non à être contraints à le suivre.

3 – L’ingénierie publique

L’ingénierie publique est essentielle pour la réussite d’un projet métropolitain de grande envergure, et il convient de l’améliorer dans plusieurs domaines : ingénierie de planification et de programmation des dépenses publiques ; ingénierie de gestion et de régulation de secteurs complexes tels que les transports ; observatoire urbain de la métropole et de son évolution ; ingénierie de la promotion internationale ; etc.

4 – L’efficience administrative

Des progrès peuvent être faits pour une meilleure adéquation entre les compétences et les moyens des collectivités publiques et pour une plus grande célérité des décisions publiques (en réduisant les procédures de co-décision) et du traitement des demandes des usagers.

5 – La réglementation

La réglementation est un moyen important de mise en œuvre de tout projet. Le futur SDAU et les futurs plans d’aménagement introduiront une nouvelle réglementation du développement urbain et des possibilité de construire. Des évolutions importantes seraient parallèlement nécessaires pour mieux réglementer, en particulier, le foncier, la protection de l’environnement et le patrimoine.
-Résumé du rapport sur le développement stratégique de la Wilaya de la région du Grand Casablanca ( Juin 2006)-


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• Plan cadastral visé par le service du cadastre ;
• Un extrait de la mappe cadastrale indiquant la situation du terrain ;
• La liste des coordonnées Lambert visée par le service du Cadastre ;
• Enveloppe timbrée portant l’adresse exacte du demandeur ;
• Quatre cent cinquante DH (450dhs) versés auprès du régisseur – recettes de l’AUC ;
• Autorisation du propriétaire et identité du demandeur s’il est autre que le propriétaire ;
• Certificat de propriété du terrain concerné.
• Photocopie de la CIN
• Statut de la Société lorsqu’il s’agit d’une personne morale.

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